Communiqué de Presse du 22 novembre 09

 
 

Les clichés sont nombreux à propos des internats libres, très peu subventionnés en Communauté française contrairement à ceux de la Communauté flamande. Ils ont encore souvent la réputation de drainer un public aisé, "privilégié", préférant paraît-il l'isolement social et favorisant l'éducation d'une "élite".


Il est pourtant bien révolu le temps où les parents inscrivaient leur fils chez les "bons Pères" (ou leur fille chez les "chères Sœurs") pour avoir une éducation axée sur l'enseignement catholique relayant des fonctions sociales bien identifiées : devenir une femme d'intérieur pour les filles (travaux de couture, piano, cours de cuisine et de maintien), devenir un patron, un chef, pour les garçons avec une éducation presque militaire.


Les profondes mutations de la société ont forcé les écoles à affirmer de nouvelles valeurs, plus fondamentales : solidarité, ouverture au monde, humanisme,… même si ces valeurs restent ancrées pour les écoles chrétiennes dans l'inspiration évangélique, sans prosélytisme.


C'est ainsi que le public des internats libres s'est peu à peu modifié, transformant un milieu clos en un endroit où les jeunes de tous horizons viennent vivre leur scolarité avec d'autres de leur âge. L'ouverture de l'école aux élèves externes d'abord, à ceux qui habitent "à côté", puis plus récemment à la mixité -la première fille a été inscrite à la Berlière en 1996- ont bouleversé les relations pédagogiques et les relations entre élèves.

La fusion avec l'Institut de la Visitation de Lessines en 1996 (enseignements technique et professionnel) a également réformé en profondeur l'organisation même du Collège devenu "Collège Visitation - la Berlière".


Progressivement, l'internat a intégré aussi des élèves suivant les cours des enseignements technique et professionnel à Lessines. Ces élèves participent, avec ceux de l'enseignement général, aux activités sportives (par exemple au rugby) et récréatives organisées par l'internat. Des élèves externes partagent aussi la vie des internes en assistant aux repas ou aux études du soir pour ceux qui rentrent chez eux plus tard.


Un internat n'est pas plus un endroit où l'on cultive l'élitisme qu'un bastion semi-ouvert où l'on enferme des élèves à problèmes. Le choix de l'internat est souvent effectué par les jeunes eux-mêmes qui souhaitent plus d'autonomie, et par des parents qui, travaillant tous les deux, sont moins disponibles pour l'encadrement scolaire de leur enfant. L'évolution du modèle familial de la société actuelle se traduit sensiblement dans la population des internats qui mériteraient, puisqu'ils correspondent à un besoin social accru, d'être mieux subventionnés en Communauté française.


Les écoles associées à un internat (ou l'inverse) sont loin de jouir d'un confort pédagogique "privilégié". Elles doivent sans cesse être attentives non seulement aux besoins des jeunes qui leur sont confiés, mais aussi aux contraintes familiales, sans verser dans le clientélisme. Cela ne peut se faire qu'avec la collaboration de tous les acteurs de la communauté éducative -c'est le rôle du Conseil de participation dans les écoles- dans une dynamique de défis et de projets donnant du sens à l'action pédagogique.


Jean Fraipont

Directeur du Collège Visitation - la Berlière

 

lundi 23 novembre 2009

La Berlière :

un laboratoire de la mixité sociale.

 
 

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